Pyrocumulonimbus
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Depuis plusieurs semaines, les forêts françaises, et plus largement européennes, sont en proie à de violents incendies, dont un mégafeu qui a touché la Gironde, menaçant la métropole bordelaise.
À cette occasion s’est produit un phénomène extrêmement rare en France, la formation d’un pyrocumulonimbus, ou « orage de feu ». Cet évènement météorologique exceptionnel s’illustre par la création de conditions de forte instabilité des vents, avec leur renforcement et des changements de direction pouvant s’avérer violents, et accélérer la propagation des flammes par projections de particules incandescentes, rendant imprévisible leur progression.
Sur les fronts actifs du Moyen-Orient et d’Ukraine, les conflits en cours, tels ces incendies, peinent à être stabilisés, avant même d’entrevoir leur résolution durable, ou à défaut leur gel. Au Moyen-Orient, aux espoirs de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran mi-juin et la réouverture du détroit d’Ormuz, a succédé la fatalité d’une reprise des hostilités et de ses conséquences : l’attaque par l’Iran de navires ne respectant pas la voie de navigation qu’elle contrôle; de nouvelles opérations militaires américaines en représailles, menant à leur tour à des représailles iraniennes au Koweït, à Bahreïn, en Irak, en Jordanie, aux Émirats arabes unis ou encore au Qatar; le nouveau blocage du détroit; des tensions en mer Rouge après les attaques des rebelles houthis du Yémen contre des pétroliers. Dans le conflit ukrainien, l’intensification des frappes russes et les attaques ukrainiennes sur le territoire russe caractérisent un foyer encore très actif en juillet, avec un risque persistant d’extension du conflit : missile russe s’échouant en Pologne, ou encore attaque d’un navire iranien par l’Ukraine en mer Caspienne.
Nos perspectives économiques et financières de juin s’intitulaient « Brouillard sur l’échiquier, le prix des souverainetés ». Les semaines passant, ce brouillard, loin de s’estomper, ressemble davantage à un « orage de feu ». Des conflits actifs, aux issues incertaines, générant eux-mêmes les conditions de leur propagation, dans un environnement imprévisible et volatile. Sur le plan économique et financier, ce contexte géopolitique inflammable contribue à maintenir des pressions inflationnistes sur l’énergie et certaines matières premières, et un risque sur la croissance en 2026, malgré des publications de produit intérieur brut pour le second trimestre plutôt résistantes aux États-Unis et en zone euro. Ces conditions maintiennent également les banques centrales en vigilance, comme l’illustrent les dernières réunions de la Réserve fédérale américaine, de la Banque d’Angleterre ou encore de la Banque du Japon cette semaine. Des développements en phase avec notre vision de mi-année, que nous continuerons de suivre sur les prochaines semaines avec attention.
Focus de la semaine
"Ce contexte géopolitique inflammable contribue à maintenir des pressions inflationnistes sur l’énergie…"
Rédigé par
Frédéric KLEISS
Responsable du pôle Recherche Macroéconomique et Communication Front Office
Sommaire
Analyse de l’évolution des marchés :
- Obligataire par Tanguy JOUANNEAU
- Actions Europe par Antoine PEYRONNET
- Actions Internationales par Florian THAVEL
Analyse Suivi Macroéconomique :
- États-Unis par Sébastien BERTHELOT
- Asie par Sébastien BERTHELOT
- Europe par Eloïse GIRARD-DESBOIS