"OnDécrypte l'Hebdo" - Changement de cap ?
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Découvrez l'intégralité de notre suivi des marchés de la semaine - 24 août 2026
haussiers sur le dollar et les taux, en particulier sur les maturités longues. Deux évolutions contraires aux objectifs affichés par l’Administration américaine qui, dès sa prise de fonction, sous la plume de M. Miran, avait fait de leur baisse une priorité.
L’Administration se devait donc de réagir. Elle s’est d’abord attaquée à l’une des sources de la vigueur du dollar : les opérations de Carry trade. Emprunter en yen pour acheter des actifs libellés en dollars contribue à soutenir le billet vert. L’intervention conjointe de la Réserve Fédérale (Fed) et de la Banque du Japon, fin juillet, visait à enrayer ce mécanisme.
Mais l’opération comportait un risque : voir les investisseurs japonais, acheteurs traditionnels de dette américaine, réduire leur exposition. Pour y répondre, le Trésor a facilité l’accès des banques étrangères aux opérations de mise en pension de titres du Trésor auprès de la Fed. L’objectif : permettre aux banques
centrales étrangères de mobiliser leurs réserves en dollars sans avoir à vendre leurs obligations américaines.
Pourtant, les taux ont poursuivi leur hausse. Les taux réels davantage, ce qui a durci plus sensiblement les conditions de financement. L’intervention est alors devenue plus directe. M. Bessent a annoncé son intention d’augmenter le plafond des achats de dette longue financés par des émissions de court terme. Là
encore, les effets sont restés temporaires. Ces mesures ne traitent pas les causes profondes de la hausse des taux : déficits budgétaires, volumes d’émissions et inflation. Elles mobilisent, en outre, des instruments dont la vocation première n’était pas celle-ci.
Quelle pourrait être alors la prochaine étape ? Réduire le déficit ? peu évident à court terme. Faire intervenir la Fed par un nouveau programme d’assouplissement quantitatif ? L’hypothèse serait en contradiction avec les positions récemment affichées par son président, mais l’urgence pourrait finir par l’emporter. Cette
éventualité gagne en tout cas en crédibilité. La question se poserait alors immédiatement aux autres banques centrales. La BCE suivrait-elle le mouvement, alors que le niveau minimal de réserves excédentaires s’approche ?
C’est un enjeu majeur des prochains mois. Dans un monde où les besoins d’investissement — et donc de financement — deviennent colossaux pour répondre aux impératifs de souveraineté que nous décrivons dans nos Perspectives économiques et financières, assisterons-nous à un nouveau changement de cap
monétaire ? Si tel était le cas, les conséquences sur les flux et les différents marchés seraient fortes, notamment pour la dette souveraine, une classe d’actifs qui a nettement sous-performé ces dernières années.
Écoutez le podcast
Pourquoi les taux refusent de baisser ?
Rédigé par
Jacques-André NADAL
Directeur Général Délégué des gestions
Sommaire
Analyse de l’évolution des marchés :
- Obligataire par Tanguy JOUANNEAU
- Actions Europe par Samir RAMDANE
- Actions Internationales par Jean-Dominique SETA
- Le regard de l'analyste par Victor LABATE
Analyse Suivi Macroéconomique :
-
États-Unis, Asie et Europe par Jean-Louis MOURIER